Les chiffres sur les cyberattaques sont souvent repris sans préciser leur périmètre. Un incident déclaré par une TPE, une assistance ouverte sur une plateforme nationale et un événement traité par l’ANSSI ne mesurent pas la même réalité.
Les données publiées en 2025 et 2026 montrent néanmoins une tendance commune : les petites entreprises restent exposées aux attaques par hameçonnage, aux piratages de comptes, aux violations de données et aux interruptions d’activité.
Pour une PME, l’objectif n’est pas de retenir un pourcentage isolé. Il est de comprendre quelles attaques reviennent le plus souvent, quelles mesures sont encore peu déployées et quelles conséquences doivent être anticipées dans son propre environnement.
Ce guide rassemble les indicateurs officiels les plus récents disponibles au 4 août 2026. Chaque chiffre est replacé dans son contexte afin d’éviter les conclusions excessives ou les promesses de sécurité impossibles à garantir.
16 % des TPE-PME interrogées déclarent un incident récent
Le baromètre national de maturité cyber publié par Cybermalveillance.gouv.fr indique que 16 % des entreprises interrogées ont déclaré avoir subi un ou plusieurs incidents au cours des douze mois précédents. L’enquête a été menée auprès de 588 entreprises françaises de moins de 250 salariés.
Ce résultat ne signifie pas que 84 % des entreprises n’ont subi aucune attaque. Certaines tentatives sont bloquées, non détectées ou non reconnues comme des incidents. Le chiffre mesure ce que les répondants déclarent avoir identifié.
L’hameçonnage apparaît comme une cause majeure
Parmi les entreprises victimes interrogées, 43 % ont associé l’incident à l’hameçonnage, contre 18 % à des failles de sécurité et 11 % à la consultation de sites compromis. Cette répartition confirme l’importance de la messagerie, des procédures de paiement et de la vérification des demandes inhabituelles.
Cybermalveillance.gouv.fr observe également une hausse de 70 % des demandes d’assistance liées à l’hameçonnage tous publics confondus en 2025. Les piratages de comptes figurent en tête des menaces touchant les professionnels, avec une progression annoncée de 45 %.
Les protections de base progressent, mais les écarts restent importants
Dans le baromètre 2025, 84 % des TPE-PME interrogées déclarent utiliser un antivirus, 78 % des sauvegardes et 69 % un pare-feu. Ces outils sont largement répandus, mais leur présence ne renseigne pas sur leur configuration, leur mise à jour ou la capacité à restaurer les données.
Les mesures plus structurantes restent moins fréquentes : 26 % déclarent utiliser la double authentification, 16 % une solution de détection d’attaque et 24 % une procédure de réaction aux cyberattaques.
Les conséquences ne se limitent pas à la perte de données
Parmi les entreprises interrogées ayant identifié un incident, 29 % signalent une interruption de service, 22 % un vol de données et 11 % des pertes financières.
Le coût réel dépend de la durée, du périmètre et de la capacité à reprendre l’activité. Une sauvegarde inutilisable, une messagerie indisponible ou un accès administrateur compromis peut interrompre la facturation et la production sans destruction visible des données.
Plus de 500 000 victimes assistées en 2025
Cybermalveillance.gouv.fr indique avoir assisté plus de 500 000 victimes en 2025, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024. Les demandes liées aux violations de données ont progressé de 107 % tous publics confondus.
Il montre cependant l’ampleur des recherches d’aide et l’importance croissante des fuites de données dans les parcours d’assistance.
6 167 violations de données notifiées à la CNIL
La CNIL a reçu 6 167 notifications de violations de données en 2025. Elle indique qu’un incident déclaré sur deux relève d’un piratage. Les autres situations peuvent notamment concerner un envoi au mauvais destinataire, une perte de matériel ou une divulgation accidentelle.
Elle fait partie des obligations prévues par le RGPD lorsque la violation présente un risque pour les personnes. L’entreprise doit documenter l’incident et apprécier la nécessité de notifier dans les délais applicables.
L’ANSSI a traité 3 586 événements de sécurité en 2025
Le Panorama de la cybermenace 2025 indique que l’ANSSI a traité 3 586 événements de sécurité, dont 2 209 signalements et 1 366 incidents portés à sa connaissance. Ces chiffres concernent le périmètre de l’Agence et ne doivent pas être interprétés comme le nombre total d’attaques en France.
L’ANSSI souligne notamment la persistance d’un niveau de menace élevé, l’exploitation de produits ou équipements peu supervisés et la progression des exfiltrations de données.
Les principaux freins restent humains, budgétaires et organisationnels
Le baromètre TPE-PME cite le manque de connaissances et d’expertise pour 63 % des répondants, les contraintes budgétaires pour 61 % et le manque de temps pour 59 %. Trois entreprises sur quatre déclarent consacrer moins de 2 000 € à la cybersécurité.
Les premières actions portent généralement sur les comptes les plus sensibles, les sauvegardes testées, les mises à jour, les procédures de paiement et la capacité à signaler rapidement un incident.
Comment utiliser ces chiffres dans une PME
Les statistiques servent à poser les bonnes questions, pas à calculer une probabilité individuelle. Une entreprise doit examiner ses propres dépendances : messagerie, logiciel métier, prestataire, accès distant, sauvegardes et données clients.
- vérifier les comptes administrateurs et les moyens de récupération ;
- tester une restauration sur un échantillon représentatif ;
- identifier la personne à contacter en cas d’alerte ;
- documenter les accès des prestataires ;
- organiser une validation indépendante des virements et changements de RIB.
Conclusion
Les données 2025-2026 confirment que les TPE et PME ne sont pas épargnées. L’hameçonnage et le piratage de comptes occupent une place centrale, tandis que la double authentification, la détection et les procédures de réaction restent encore peu généralisées.
Une entreprise ne gagne rien à se comparer uniquement à une moyenne. Elle progresse lorsqu’elle transforme ces tendances en priorités vérifiables, adaptées à ses outils, à ses contrats et à sa capacité de reprise.
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Accéder au formulaireQuestions fréquentes
Quel pourcentage de TPE-PME déclare avoir subi un incident ?
Le baromètre 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr indique que 16 % des entreprises interrogées ont déclaré un ou plusieurs incidents au cours des douze mois précédents.
Quelle attaque touche le plus souvent les entreprises interrogées ?
Parmi les entreprises victimes interrogées, l’hameçonnage est la cause la plus citée, devant les failles de sécurité et les sites compromis.
Les statistiques de l’ANSSI représentent-elles toutes les cyberattaques en France ?
Non. Elles correspondent aux événements portés à la connaissance de l’ANSSI et traités dans son périmètre. De nombreux incidents ne lui sont pas signalés.
Un antivirus et une sauvegarde suffisent-ils ?
Non. Leur efficacité dépend de la configuration, des mises à jour et des tests. Les comptes, la double authentification, la détection et la préparation de la réponse à incident restent également essentiels.
Sources officielles consultées
- Cybermalveillance.gouv.fr — Baromètre national de maturité cyber des TPE-PME 2025
- Cybermalveillance.gouv.fr — Rapport d’activité et état de la menace 2025
- ANSSI — Panorama de la cybermenace 2025
- CNIL — Rapport annuel 2025
- CNIL — Sécurité des données : règles essentielles
Sources vérifiées le 4 août 2026. Les organismes cités peuvent modifier leurs dispositifs, chiffres et publications.
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